Hélène Courtois-Redouté, une peinture d’inspiration naturelle…

femme artiste peintre dans son atelier« Des nus, aux natures mortes en se promenant par les paysages, les œuvres d’Hélène Courtois-Redouté sont empreintes d’une douceur et d’une lumière très féminine. Séduisante sans être aguicheuse, sa peinture parle aussi du Sud et d’une certaine douceur de vivre. Les couleurs feraient presque penser à certains tableaux de Gauguin, tant la lumière y est vibrante. »

Laurence Cooper-Bernard

 

Textes de peintre


Influences

« De multiples influences, forcément, mais certaines semblent évidentes. Cézanne et Gauguin: le mariage de la force et de la lumière. De la matière également, tant la pâte chez Gauguin est subtilement travaillée… aussi subtilement que les touches de couleur chez Cézanne, qui construisent littéralement la lumière. Plus jeune, ma première découverte de la peinture fut Le Caravage et ses contrastes forts. L’effet de ces clairs-obscurs et scènes violentes me semblait saisissant. Delacroix m’éblouit avec ses aquarelles et peintures orientalistes, où la couleur trouve si naturellement sa place. Rouges, blancs, noirs, places écrasées de soleil ou scènes d’intérieur où se ressentent le repos et la fraîcheur.

J’aimai également le Douanier Rousseau et sa fausse naïveté, tant sa peinture est savante. L’évocation de ses jungles imaginaires, au trait néanmoins très maîtrisé, porte au rêve. Pour autant, le mystère et la cruauté ne sont jamais loin. Je retrouvai chez Hopper les contrastes forts, la luminosité et la couleur qui m’ont toujours attirée dans la peinture. Cela et le mystère des personnages toujours solitaires et comme fermés, mélancoliques. Un univers partagé par Giorgio de Chirico lors de sa période métaphysique, surréaliste et néanmoins marquée par le classicisme des maîtres italiens.
Plus tard, je découvris les natures mortes de Soutine, la violence et la force du dessin, de la pâte ou de la couleur. Et Eugène Leroy, bien sûr, dans la lignée des peintres expressionnistes.

Chez les artistes contemporains…

Parmi les peintres contemporains, le lyrisme expressionniste de Gérard Garouste rejoint le Lyonnais Patrice Giorda, coloriste évident, et la force de Makus Lüpertz. Ces peintres expriment pour moi, de façon exemplaire la continuité de l’histoire de la peinture. Une remarquable combinaison de classicisme et de modernité…

Je peins pour me souvenir des lieux dans lesquels je suis passée et en retrouver la sensation intacte. Chaleur d’été ou fraîcheur d’une soirée en bord de mer, lumière un peu floue, sensation d’une prairie foulée aux pieds, du sable ou de l’écorce… couleur des troncs d’arbres le soir. Chaque tableau me raconte. Le dénominateur commun de tous mes tableaux (mes histoires, si l’on veut) est la nature. Nature sage des fruits, nature évocatrice des paysages de bord de mer, ou nature plus débridée des branches, feuillages et troncs tourmentés. Ces arbres sont peints d’après mes promenades, dans des lieux que j’affectionne tout particulièrement. »

Artcité, septembre 2019


Terre-à-terre

« Terre-à-terre… ainsi définirais-je ma peinture. Classique, charpentée, faite de mes balades sur la côte d’Emeraude ou dans les monts d’Ardèche, elle puise ses racines dans la nature : arbres, nuages, vent, troncs, branches… La lumière joue sur le paysage, naturel ou urbain, et redéfinit les couleurs à chaque saison. L’hiver est propice à peindre autre chose : les pommes du jardin, le papier et les drapés sont autant d’objets ordinaires et offrent inspiration et sujet à méditation. Là aussi, la lumière réécrit les couleurs d’une façon qui m’étonne toujours. J’aime tenter d’en retranscrire toutes les nuances. »

Hélène Courtois-Redouté, Chapelle Saint-Buc, août 2018


Sources

« Au commencement est la lumière, le vent, les arbres. La fillette barbouille une aquarelle : “Paysage vu de mon jardin”. Du magma émergent le ciel, les nuages, les bois. Première source… venue d’où ?
Source du pinceau, de l’eau, de la peinture, du medium, de l’huile, de l’encre, du pigment, source qui s’inscrit sur la toile et le papier, comme sur une autre peau… hésitante parfois, presque perdue. Source têtue, retrouvée, forte, jaillissante, source de la lumière, de la couleur qui se coule avec bonheur sur la toile. Vibration des couleurs qui se parlent et se répondent. Souvenirs des voyages, des places italiennes écrasées de lumière. Source du bonheur, de l’amour et du désir de la vie. »

Artcité, septembre 2015